Interview d'Emmanuel Chedal meilleure chance française de médaille au saut à skiDepuis 7 ans Emmanuel Chedal est le meilleur sauteur français en activité. Après avoir pulvérisé en fin d’année le record de France et être monté sur un podium de Coupe du Monde, le français s’attaque au tremplin de Vancouver. Si une médaille serait une bonne surprise elle permettrait enfin de rendre au sauteur tout ce qu’il a apporté à cette discipline. Coupedumonde.com suivra Emmanuel tout au long des JO.
Bonjour Emmanuel, peux-tu te présenter ?
J’ai 27 ans et j’ai attaqué le saut à l’âge de 7 ans. J’y suis un peu venu par hasard, en fait au départ j’adorais les bosses et donc petit à petit je me suis rapproché du tremplin. Aujourd’hui cela fait 12 ans que je suis chez les professionnels avec ma première Coupe du Monde en 1998. Aujourd’hui cela fait 6-7 ans que je suis le numéro 1 français. Enfin j’ai battu le record de France le 21 mars 2009 avec un saut à 215,50 mètres. Cette année j’ai obtenu une 3ème place à Lillehammer, une 4ème place et une huitième place à Engelberg. Je suis actuellement 17ème au classement général de la Coupe du Monde.
Le saut à ski n’est pas médiatisé en France, peux-tu vivre de ta passion ?
J’ai actuellement un contrat d’insertion professionnelle avec mon club de Courchevel, mais je n’ai aucun sponsor. Je ne peux pas vivre de mon sport puisque je dois aussi fournir le matériel. La Fédération en offre cinq par saison, mais on en utilise 2 à 3 par épreuves. Il y a également les chaussures à 300 euros la paire et il en faut 3 par saison. Donc concrètement aujourd’hui la seul façon de s’en sortir c’est de faire de gros résultats régulièrement.
Quel est l’image de ta discipline ?
C’est justement le plus paradoxale ! Si le saut à ski n’est pas médiatisé en France seulement. A l’étranger et notamment dans les grands pays de sport d’hiver le saut fait plus d’audience tv que l’Alpin !
Et puis comme ceux de l’Alpin tu participes également au JO. Dans quel état de forme es-tu ?
J’ai fais un bon début de saison, mais j’ai vécu un mois de janvier plus difficile. Je fais de bons entraînements mais je ne parviens pas à confirmer en compétition. Le problème c’est que du coup cela agit sur le mental, mais bon je sais que le niveau est là.
Que vises-tu à Vancouver ?
Mon objectif est véritablement d’être à mon meilleur niveau, je veux faire en sorte d’aller le plus loin possible de ne plus avoir de regrets. Après une médaille cela reste compliqué. Il n’y a que 3 places et tout le monde se bat pour cela. Mon résultat dépendra certes des conditions, de la forme des autres, mais surtout de la mienne.
Tu connais les tremplins Olympiques ?
Oui j’ai déjà sauté là-bas c’est un tremplin qui me convient assez. Lors de la saison de coupe du monde pré olympique nous sommes venus tester l’un des tremplins des Jeux et cela s’est bien passé. Enfin en janvier nous avons passé une semaine de stage sur un tremplin similaire à celui des JO et j’ai réalisé une excellente semaine.
Quel est ton programme avant le début des JO ?
Avec l’équipe de France nous avons pris l’avion lundi. Aujourd''hui nous nous sommes installés à Whistler au village des sauteurs qui est éloigné de Vancouver de plusieurs kilomètres. Enfin, demain c’est le vrai début de la compétition avec les premiers entraînements.